Challenges (octobre 2006)


Quel est le rapport des cadres à l’entreprise ?

G.M. Je crois que les cadres craignent la manipulation. Ils ne veulent pas être instrumentalisés, et veulent maintenir une distance. Les cadres n’ont plus envie de paternalisme. Mais, ce que j’observe, c’est la naissance d’une sorte de « maternalisme ». On demande beaucoup au salarié sur le plan professionnel mais, d’un autre côté, on essaye de faciliter sa vie quotidienne par des services à la personne, on accepte son engagement citoyen dans des associations. On reconnaît l’individu derrière le collaborateur.

Les patrons ne seraient plus des pères nourriciers ou des pères fouettards mais des mamans. Pourtant, ils ont leur part dans la côte de désamour de l’entreprise ?

G.M. C’est certain, quelques grands patrons ont fait beaucoup de mal à leur propre cause avec des affaires de stock-options, de parachutes qui sont perçus comme indécents. Même s’ils sont très performants, les dirigeants ne sont pas les seuls contributeurs de la réussite d’une entreprise. Cela entraîne des revendications. Mais, en général, dans une entreprise les collaborateurs sont satisfaits de leur patron. Leur regret concerne le faible niveau de considération qu’ils reçoivent...

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© Francoscopie/Gérard Mermet