"L'idée d'une sortie de crise un peu anticipée s'est installée dans des esprits qui n'attendaient que cela", estime également le sociologue Gérard Mermet. L'auteur de Francoscopie, qui avait établi la typologie d'"une France à trois vitesses face à la crise" en distinguant les "tranquilles" (fonctionnaires, retraités…), les "agiles" (jeunes diplômés capables de rebondir…) et les "fragiles", se dit par ailleurs persuadé que le premier groupe s'est étoffé au cours des derniers mois : "Une très grande majorité de Français passe entre les gouttes. Et beaucoup se sont rendu compte que leurs inquiétudes étaient un peu vaines." Ce qui pourrait contribuer à un regain d'optimisme sur la sortie de crise qui risque fort, selon lui, de "générer des frustrations et des déceptions".
Les économistes évoquent le plus souvent la crise sur le mode " macro ", à partir d'indicateurs globaux : PIB, déficit commercial, endettement, chômage, inflation... Les médias, de leur côté (notamment la télévision) ont tendance à utiliser le mode " micro " : madame Martin a perdu son emploi chez un sous-traitant de l'automobile ; monsieur Dupont voit diminuer les commandes dans sa PME du bâtiment ; monsieur et madame Duchemin sont tous deux au chômage partiel…
Ces deux approches sont évidemment nécessaires et complémentaires. Mais elles sont insuffisantes ; il faut leur adjoindre une analyse sociologique différenciée. Car les effets de la crise ne seront pas du tout les mêmes selon les groupes sociaux, leur vulnérabilité spécifique, leurs attitudes et comportements. Pour favoriser la réflexion, on peut proposer une typologie simple. La France en crise pourrait être divisée en trois groupes : les Tranquilles, les Agiles, les Fragiles.
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"La crise, mais de quelle crise parle-t-on ? s'interroge Gérard Mermet, auteur de Francoscopie, une étude sur le comportement de consommation. Cela fait trois ans que l'on a habitué les Français à une situation de misérabilisme sur la baisse du pouvoir d'achat et des revenus. Et on semble découvrir que la crise ne commencera vraiment que demain matin." Volontiers provocateur, il affirme : "Il n'y pas eu de baisse de pouvoir d'achat disponible en 2007, si l'on en croit les indices officiels. Et, ajoute-t-il, on risque de s'apercevoir que ce sera encore le cas en 2008." Sans en minimiser l'impact, notamment parmi les salariés du secteur de l'automobile, victimes du chômage partiel et des baisses de salaires, et encore moins pour les familles pauvres, il remarque que la crise actuelle n'affecte encore qu'une "petite partie des ménages". En prenant en compte la situation déflationniste, la chute des produits pétroliers, la multiplication des offres promotionnelles et les déstockages massifs, M. Mermet ne craint pas d'affirmer que "pour les Français qui ont de l'argent, la période est propice à un baroud d'honneur, avant les difficultés". Quel que soit le bilan des fêtes de fin d'année, les craintes majeures surgissent aux premiers jours de 2009. "L'automobile et l'immobilier, principaux postes de dépenses des ménages, devraient être des variables d'ajustement", note M. Mermet. (Michel Delberghe)
Le fait que l'on n'ait pas encore donné un nom spécifique à la "crise" totalement inédite dans laquelle nous sommes plongés est révélateur de notre incapacité à la " penser ". On a seulement jusqu'ici réussi à décrire et comprendre les événements qui l'ont provoquée. Mais les experts, qui pour la plupart ne les avaient pas vu venir, semblent impuissants à "modéliser" leurs conséquences pour les prochaines années.
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Comment ignorer l'accumulation oppressante des mauvaises nouvelles ? La bulle financière mondiale explose, le prix des matières premières s'envole, la pauvreté et la faim gagnent du terrain dans le monde. Sans compter la menace toujours possible d'une catastrophe naturelle, d'un accident nucléaire, d'une crise sanitaire ou d'un acte terroriste ! Tout cela au moment même où le monde prend conscience que la planète est dégradée, que les ressources sont limitées et que la survie des espèces vivantes n'est plus assurée. Y compris la nôtre.
Cette concomitance inédite de difficultés, périls et contraintes s'annonce particulièrement difficile à enrayer par les acteurs de la planète (politiques, institutionnels, économiques, scientifiques, écologiques…). Elle constitue pourtant une chance historique de transformer le monde et de vivre mieux. La France pourrait, si elle le voulait, être à la pointe de ce combat.
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Pourquoi joue-t-on ? Parce que le jeu est le propre de l'homme. Parce qu'il est un loisir, ou plutôt un " divertissement " au sens pascalien, qui permet de s'évader du monde réel. Parce qu'il est, surtout, une source d'émotions intenses. Des temps " forts " qui viennent compenser (parfois récompenser) les temps " morts " de la vie. Les joueurs sont des alchimistes à la recherche de la transmutation des tickets en argent (le jeu est aussi un feu). Comme Archimède, ils cherchent le levier qui leur permettra de soulever le monde. En tout cas de transformer le leur.
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Consommer, est-ce un moyen ou une finalité ?
[...] S’entourer des objets de la modernité, étaler devant les autres des indices matériels de réussite… La réflexion collective et individuelle des années récentes a montré à certains que ces ressorts n’étaient pas suffisants pour être heureux, pour donner du sens à la vie.
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A défaut de titre européen en football, la France détient celui du pessimisme, de la grogne et du mal-être. Jour après jour, les Français affichent leurs craintes, leurs angoisses et leurs frustrations à l'égard d'un monde qui ne les satisfait pas et dont l'avenir les inquiète. Notre société est plus « mécontemporaine » que contemporaine, comme en témoigne l'évolution des systèmes de valeurs, des modes de vie et de consommation.
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Aldo Naouri dit que l’éducation repose sur un principe de verticalité, avec en dessous, l’enfant, et au-dessus, les parents.
Il y a un équilibre nouveau à trouver entre parent tout puissant et enfant roi, juge le sociologue Gérard Mermet. Mais Naouri a raison de responsabiliser les parents qui ont progressivement démissionné de leur mission éducative, en pensant que les profs et les médias allaient s’en charger. Mais non, l’environnement ne prend pas le relais et ne donne pas de repères. L’éducation a des conséquences. C’est aux parents de s’en charger et de préparer ainsi leurs enfants à devenir de futurs citoyens responsables», précise Gérard Mermet.
Sous divers prétextes, les bénéficiaires des régimes spéciaux défendent le maintien de ce que l’on doit appeler, en toute objectivité, des privilèges. A tous ceux qui s’efforcent de regarder la société sans prisme idéologique ou politique, mais en se réclamant du bon sens, de l’équité, de la solidarité, de la responsabilité, leur attitude paraît irresponsable, voire indécente.
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