« L’avenir n’est pas
à découvrir, il est
à inventer »
(Gaston Berger)
Comme l'ensemble des pays développés, la France traverse une période inédite de transformations, de turbulences, de mutations. Mais elle la vit plus mal que beaucoup d'autres, du fait de ses singularités nationales : difficulté d'appréhender le réel; myopie collective; "petisme"; résistance au changement; culture de l'affrontement; culte de l'"exception"... Certaines de ces exceptions françaises, qui furent longtemps des avantages, semblent devenues des handicaps, voire des illusions.
Le pessimisme collectif atteint des records. Il est heureusement tempéré par une forte capacité d'adaptation individuelle. Les Français compensent la déprime par la débrouille. Face à un monde anxiogène, ils investissent la sphère familiale et personnelle (ce qui explique notamment le taux paradoxalement élevé de natalité). Le pays dispose en tout cas de nombreux atouts, qui justifient l'image de "bien vivre" qu'il conserve à l'étranger, même auprès de ceux qui dénoncent son déclin et son incapacité à se réformer.
La réalité est que la France va devoir se transformer, se refonder, se réconcilier avec le monde, avec l'avenir et avec elle-même. Il apparaît en effet que le "modèle républicain" ne tient plus ses promesses, notamment d'égalité et de "vivre ensemble". À L'anémie économique s'ajoute une anomie sociale, absence de système de valeurs partagé par l'ensemble de la nation.
C'est l'objet de Francoscopie (la société comme le livre éponyme) que d'observer, étudier, identifier, décrire, analyser les tendances lourdes et les signaux faibles des changements socio-économiques. Ce travail de décryptage est réalisé notamment à travers l'évolution des attitudes et comportements de consommation, qui en constituent le miroir le plus complet.
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| Gérard Mermet Sociologue, directeur de Francoscopie |
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